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Avec Forever Evil sur le devant de la scène, ce fut l'occasion rêvé pour Urban Comics de publier des comics centrés sur les principaux vilains de l'event : le Syndicat du Crime. Et il faut dire que ce groupe de fous dangereux a de la bouteille, apparu pour la première fois dans Crisis on Earth-3 de 1964 (bientôt à lire dans Forever Evil #2/7 et #3/7 comme bonus), L'Autre Terre, ou Earth Two en VO, est un récit écrit par l'écossais Grant Morrison et son compère Frank Quitely aux dessins datant de 1999 (l'année de ma naissance !). Certainement l'un des derniers récits où le "Crime Syndicate" est l'ennemi principal de la Justice League.


Ayant vu l'adaptation animé, j'attendais ce comic-book au tournant. Graphic novel, elseworld, il restera inclassé dans la chronologie de l'univers classique tout en restant dans son esprit. Comme déjà dit, Grant Morrison est à l'écriture et Frank Quitely. J'aurai pu introduire les noms de ces deux grands hommes par des adjectifs qui montreraient mon parti-pris mais il n'en est rien, car je suis très professionnel. Si, si, je vous assure.

Aux confins de l’univers existe une Terre en apparence semblable à la nôtre… En apparence, car en lieu et place de la Ligue de Justice y existent leurs doubles maléfiques, réunis en un Syndicat du Crime invincible. Seul héros de cette planète, Lex Luthor échappe à la vigilance du Syndicat et vient demander secours à la Ligue.

Alors qu'en est-il réellement ? C'est clairement bon, les bases sont vites et biens posées, le scénario est ficelé à la limite de la perfection, Morrison ne fait pas trop de Morrison (il reste très calme au niveau de ses délires de références, contrairement à son run sur Batman) et ça reste accessible haut plus au point. On est aspiré dans l'histoire car chaque détail, même infime, amusera les lecteurs de longues dates comme les plus néophytes.

Ce graphic novel, c'est aussi une histoire d'opposition. La matière face à l'antimatière, l'ordre face à l'anarchie, le bien face au mal. Et si cela peut paraître tout bête; même extrêmement vide, ça n'est pas du tout le cas. Grant Morrison s'amuse à montrer qu'un reflet restera inversé quoi qu'il arrive, il montre à quel point le désespoir de la Terre du Syndicat sera éternellement présent tout comme l'espoir de la Terre de la Justice League restera omniprésent. Et tout naturellement, on est mené à s'interroger intérieurement à ce qui ce serait passé si on avait été éduqué d'une autre façon, on se demande si l'on aurait été le reflet de ce qu'on est aujourd'hui, s'il on aurait été l'inverse. Cette histoire amène à l'interrogation de qui nous sommes. Voilà, c'est dit, vous me prenez peut-être pour un taré mais c'est comme ça que j'interprète ce qui nous est présenté et ça tient en un paragraphe alors vous pourrez lire la suite de ma review sans vous demandez si je fume quelque chose en cachette.


Le Syndicat du Crime étant l'inverse de la Justice League, il semble logique que je vous parle un peu des personnages. Ultraman, Super-Woman, Owlman, Power Ring, Johnny Quick, les voilà le Syndicat du Crime. Reflet de la trinité connue de tous, du chevalier d'émeraude et du bolide écarlate, ils semblent être très intéressants. Le peu de leur passé, on le dévore car on aimerait en savoir plus sur qui ils sont. Au niveau de la JL, on retrouve les personnages que l'on connait et adore pour la plupart, tous utilisés, mais assez délaissés pour certains. Ainsi, on retrouve les têtes d'affiche pour la plupart de l'histoire et si le Limier Martien et Aquaman ont leur moment de gloire ils sont tout de même assez éclipsés, sans doute est-ce car ils n'ont pas de versions inversés d'eux-même sur l'autre Terre (chose dont je n'ai pas compris la raison d'ailleurs), c'est dommage car ils sont introduits comme les autres mais expédiés au rang de personnages secondaires. Le développement de chacun des personnages reste bien réalisé, lorsqu'il est réalisé, car on ne connait pas tout des éléments présentés comme Johnny Quick dont le background reste très obscur.


La cause du défaut concernant le manque de développement me semble être claire : le manque de longévité. Morrison est clairement un scénariste talentueux, il aime instaurer des éléments développés au fur et à mesure sur ces runs et un one-shot n'est clairement pas l'idée du siècle pour lui. Il ne peut tout simplement pas exposé tout ce qu'il a en tête (et on le ressent, car on sait qu'il en a pas mal en tête). Le récit est trop court et c'est son principal, voir seul, défaut. On en veut plus et on reste sur sa faim.

Qualité pour certains, défauts pour d'autres, c'est le travail de Frank Quitely. Personnellement, il m'enchante. Et si il y a un manque de dynamisme que j'ai trouvé dans les planches de ce récit à cause de ses personnages à l'allure figé, on en prend tout de même plein les yeux. J'avais déjà vu son excellent travail sur Batman avec le même Morrison et j'avais adoré. La cause du succès de l'artiste me semble toute bête : sa connaissance de l'anatomie humaine. Il retranscrit parfaitement le physique et les expressions faciales des personnages. L'aspect bodybuildé qu'il abandonnera plus tard dans Batman n'est pas poussé à l'excès, j'aime bien, et pourtant je n'en suis pas friand des personnages à la musculature inhumaine. Par ailleurs, le chara-design est excellent. Chaque personnage a son style "différent mais bad ass", je dirai si je devais faire un spot publicitaire.


Ainsi, Justice League L'Autre Terre est une petite pépite de l'univers des comics. Avec son scénario solide et ses dessins inspirés, il me semble indispensable d'y avoir jeté un coup d'oeil. Ce graphic novel a beau être court, le contenu reste tout de même bien consistant et ravira les lecteurs de longue date comme les autres, il regorge de détails croustillants et l'on s'amusera à le comparer à son homologue animé (au départ prévu pour accompagner ce livre, mais en fin de compte indisponible). J'espère que la quantité/prix (144 pages pour une quinzaine d'euros) ne vous refroidira pas avant de passer à la caisse car je puis vous assurez que vous m'en donnerez des nouvelles. Reste plus qu'à attendre JLA : Year One de Grant Morrison là encore qui devrait paraître en 2015 chez Urban Comics.
Tag(s) : #Review

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